Book Club des Cotonettes 8: Negropolis d’Alain Agat

Je profite d’une accalmie dans mon agenda super chargé pour vous faire une revue du dernier roman proposé dans le cadre du cycle de lecture: les auteurs Afro-Caribéens. Dans la catégorie Roman policier, notre choix de lecture s’est porté sur « Negropolis » d’Alain Agat.

Book Club des Cotonettes 8: Negropolis d'Alain Agat

Book Club des Cotonettes : Negropolis d’Alain Agat

« Les collègues m’ont demandé de bien vouloir excuser d’éventuels dérapages de ta part. A cause de ta douleur… Quelle bande de tocards ! Et qui s’excuse auprès de moi, hein ? Ton frère a été poignardé et jeté dans la seine y’a quelques heures, et toi tu ne trouves rien de mieux à faire que de vouloir m’étrangler. C’est quoi cette violence ? Votre signe de famille ? Vous avez été baignés dedans et ça vous prend comme une trique tous les matins au réveil..? Putain, c’est quoi ce monde ? »

Book Club des Cotonettes : Negropolis d’Alain Agat : La revue

Alors, dès la quatrième de couverture, j’ai tout de suite été embarquée avec la certitude que la lecture de ce roman policier ne serait pas de tout repos. Arrivée à la dernière page, je me suis rendue compte qu’il y a beaucoup de choses à dire sur ce roman, donc je ne vais vous en donner qu’un aperçu pour ne pas faire une dissertation de 5 pages.

Joris, le personnage principal, semble poursuivi par la malchance. C’est un jeune homme embarqué malgré lui dans le tourbillon de la violence qui sévit entre Négropolitains (Noirs nés et/ou vivants en Métropole) et Antillais.
Ce roman montre surtout combien il est difficile de sortir de cette spirale, que l’on soit d’un côté ou de l’autre de l’Océan, et combien les portes de sortie se comptent sur les doigts de la main: le sport, la musique, l’engagement dans les associations aidant la communauté ou la politique dans une moindre mesure.

On est tendu pendant toute la lecture du roman, avec en boucle la question « qu’est-ce qui va se passer quand X découvrira que… » . Comme une mère qui accompagne son enfant du regard, on suit les péripéties de Joris avec l’espoir qu’il va enfin s’en sortir, fuir, changer d’identité et vivre enfin une vie solitaire au contact de la nature.

« Il avait choisi la Guyane pour cette unique raison. La forêt là-bas saurait se charger de sa fatigue et pourrait lui permettre de trouver cet équilibre que ni la banlieue parisienne ni la Guadeloupe n’avait jamais su lui donner« .

A travers ce roman Negropolis, Alain Agat dresse le théâtre de l’échec des politiques d’assimilation aux Antilles et en Métropole. D’un côté ou de l’autre, les Noirs sont marginalisés dans une indifférence totale à peine brisée par un fait divers lié à la délinquance.

J’ai noté différents points en lisant Négropolis :

  • Dans les romans policiers, en général, on lit les situations au travers des yeux de l’enquêteur, donc du gentil classique. Ici, on aborde l’action du côté des « enquêtés », les criminels. On comprend un peu comment ils en sont arrivés être ce qu’ils sont, on comprend que, parfois, le monde n’est pas toujours divisé en gentil versus méchant et que parfois il est difficile de déterminer le vrai coupable.
  • Les Antilles sont dépeintes sous une lumière crue. Ce n’est pas que la plage de sable fin et l’eau bleue transparente de l’image touristique. C’est aussi le chômage, la jeunesse abandonnée à elle-même et le système D qui passe malheureusement dans le roman par le trafic de drogues.
  • Les Antilles (ici la Guadeloupe) portent toujours en elles, de manière plus ou moins visible, la violence de l’Histoire.

« Et toutes les pluies de la terre, tous les cyclones ne suffiraient pas à effacer ses blessures séculaires. Une violence sourde avait été larguée ici des siècles auparavant. Depuis, il n’y avait pas eu de trêve, pas de répit. »

Je recommande fortement le roman Negropolis d’Alain Agat car, au-delà du polar classique sur fond de guerre de gangs, il ouvre d’autres angles de réflexion sur la vaste question des Noirs de France.

La Revue de S.

Comme souvent sur le book club des Cotonettes, cette fois, je ne connaissais pas l’auteur Alain Agat. Totale découverte donc que je vous avoue avoir faite avec quelques appréhensions parce que le titre « Negropolis » m’intriguait.

Pendant mes vacances, je me suis donc plongée dans ce livre et le premier mot qui me vient en tête c’est violence. Pas uniquement parce que la violence est le sujet principal du livre mais surtout parce que l’auteur, Alain Agat, rend palpable tout le monde de la violence : armes, insultes, meurtres, drogues est

La vérité est crue et elle est dite crûment. Les bouches des personnages ne portent pas caleçon comme on dit chez nous.
Joris me fait penser à certaines personnes de la vraie vie : empêtrées dans leurs problèmes, obligées de faire passer certaines choses avant leurs propres rêves et envies, fatalement “coincées” dans un engrenage.

Ce qui m’a beaucoup plu dans le livre c’est cette réalité, c’est qu’on peut imaginer les scènes, mettre des visages sur les personnages (comme le disait Mymou dans un post récent). Negropolis est sans aucun doute l’histoire de nombreux hommes tiraillés entre ce qu’ils veulent et les événements de la vie, les conséquences de leurs choix et ce que la société a fait d’eux.
D’ailleurs, on se pose la question : qui est vraiment coupable ?
Ce qui m’a le moins plu c’est que presque tous les personnages sont des hommes en dehors de Nadia.

Lydvina - Rédactrice Lifestyle

Avec plus de 8 ans de blogging dans le compteur, je constate que la petite bourse n'empêche pas le bel art de vivre à la française ! C'est ce que je vous démontre en partageant mon carnet de sorties culturelles, les bonnes adresses restaurants, les expositions à voir ou les livres à dévorer sur les terrasses de café.

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