October Pink: Mammographie, quand un examen peut vous sauver la vie

1999, « Cancer du Sein », j’ai exactement 10 ans quand le diagnostique tombe. Maman, oui la mienne a un cancer du sein. Dis comme ça, ça a l’air très solennel, et puis l’air grave qu’elle a pris pour nous annoncer la nouvelle à nous ses bébés n’arrange pas les choses. Sur le coups, nous n’avions pas pris conscience  de ce que ces trois mots signifieraient désormais dans nos vies.

Maman, celle qui était notre pilier, notre repaire, serait désormais absente à raison de 2 x trois mois dans l’année donc six mois au total, parce qu’elle devait aller à « Georges Pompidou » à Paris en France se faire soigner. C’est fou parce que oui c’est ainsi que j’ai appris pour la première fois que la France avait eu un président nommé Pompidou.

queen mother
1995 Ma mère ses cheveux et son fils <3

Ma mère était une femme sublime, qui a été diagnostiquée tardivement d’une tumeur maligne dans le sein. Elle était belle elle avait une chevelure de rêve. A ce jour je n’ai toujours d’ailleurs pas réussi à les avoir aussi beaux qu’elle. Ma mère était secrétaire de direction et possédait deux instituts de coiffure à Yaoundé ainsi qu’une cafett’ ( celle face au collège Vogt de 1998 à 2002 était à ma mère pour les anciens de Vogt). Elle était douée avec les cheveux, elle aimait ça. Bien que n’ayant pas eu de diplôme en coiffure, combien de fois l’avons nous vue installer les bigoudis sur une cliente, donner un coup de laque par ci, un shampoing par la lorsque ses établissements étaient plein et que les coiffeuses et apprentis ne s’en sortaient pas. Ma mère était une femme active.

C’est pourquoi son premier retour après « l’opération » m’a marquée à vie. Je voulais voir, je voulais comprendre, l’enfant que j’étais à l’époque se devait de savoir le pourquoi sa maman qui n’avait jamais été absente plus d’une semaine, avait été si loin pendant si longtemps. Quelle était cette maladie la qu’on ne pouvait soigner que dans ce pays lointain? Ma mère a compris mon besoin de voir et m’a montrée les larmes aux yeux sa cicatrice « ablation du sein qu’ils ont dit », puis a retiré sa perruque avec beaucoup de difficulté et m’a montré son crane… chauve, avec ce léger duvet qui avait commencé tant bien que mal à repousser. Je n’avais jamais vu ma mère avec les cheveux courts. JAMAIS. Et c’est dans cette salle de bain, de notre maison familiale,  le jour même de sa descente d’avion tandis que les autres se réjouissaient dans le salon parce que « la mater était rentrée de mbeng avec plein de cadeaux »*** que j’ai pris conscience que quelque chose n’allait vraiment pas et  qu’au final c’était peut être grave cette histoire de cancer.

Le 20 septembre dernier ma mère aurait eu 53 ans… si elle était encore parmi nous mais elle ne l’est plus deouis bientot 14ans. Et au lieu de poster un statut sur les réseaux sociaux comme je le fais habituellement, j’ai voulu lui rendre hommage différemment. Dans ce combat qu’elle a perdu après 3 années d’une lutte acharnée, je me suis rendue compte en regardant autour de moi que:

  • J’ai des proches, des amies, des sœurs qui entrent dans / ont déjà dépassé la trentaine (ma mère a été diagnostiquée à 36 ans).
  • très peu de personnes en parlaient de ce Cancer du sein. Oui les associations spécialisées, oui les médécins… mais et nous ? Femmes, filles, nièces… ou cousines nous côtoyons ou avons au moins côtoyé une fois déjà une personne atteinte d’un Cancer du Sein, et pire susceptible d’en être atteinte un jour. Quand on sait les ravages que le cancer du sein fait aux femmes mais surtout aux femmes noires en particulier.

La pudeur, me direz vous… malheureusement il faut nous en débarrasser. Par pudeur nous n’aimons exposer ni nos peines, ni nos colères et encore moins nos souffrances (moi la première), mais le Cancer du Sein détruit de nombreuses familles. Néanmoins cette saleté peut si elle est détectée à temps être éradiquée. C’est pour ça que j’ai pris en otage cette plateforme cette semaine, et décidé de vous en parler. Afin que vous puisiez passer le message à quelqu’un qui le passera lui aussi à quelqu’un et qui sauvera peut être une vie. Parce qu’au dela de la beauté extérieure, nos jolis cheveux notre joli maquillage nos jolis vetement, le bien etre de chacune notre santé est primordiale.

J’ai perdu ma mère en 2002, en 2008 j’ai perdu ma tutrice et depuis quelques années une de mes tantes se bat elle aussi contre le cancer du sein.

1 femme sur 8 qu’ils disent est susceptible de développer un cancer du sein. 

La science évolue la technologie avec et les techniques médicales aussi. Les opérations sont de moins en moins abrasives et invasives et les reconstructions grâce à la chirurgie esthétique possible.

Des femmes comme Angelina Jolie (pour ne citer qu’elle) choisissent désormais une mastectomie des deux seins des le départ pour éviter le risque de possible récidive. Parce que oui ce qui fait la particularité de cette maladie c’est qu’elle est pernicieuse, elle vous laisse un moment de répit, un an, deux, 5 ou vous pensez être tiré d’affaire… et à la moindre occasion elle repointe le bout du nez et on doit reprendre tout le combat des le début.

Sachez qu’il suffit d’un seul examen: UNE mammographie pour détecter la moindre tumeur, et que plus la Tumeur est détectée tôt, plus on a de chances de vous en guérir. Sachez aussi que le dépistage commence à la maison ou chez son médecin traitant. Grace à la palpation si vous sentez la moindre boule, la moindre boursouflure, le moindre point gênant n’hésitez pas à aller consulter un médecin. Messieurs oui je vous prends à parti, la poitrine de votre chérie est votre partie préférée, vous la connaissez même peut être mieux qu’elle si vous avez l’impression que quelque chose cloche emmenez la chez le médecin. On est jamais trop prudent.

A nos mamans, tantes, cousines et sœurs qui ont eu 35 ans pensez à prendre soin de votre santé. La d’ou je viens on aime pas aller à l’hôpital, c’est de l’argent gâché, rien de bon n’en sort jamais…. Mais une mammographie  pourrait vous sauver la vie.

Pour en savoir plus sur la lutte contre le cancer du sein je vous invite à visiter le site CANCERDUSEIN.ORG . ET pour paraphraser ce site:

  lutter contre le cancer, c’est avant tout lutter pour que la vie continue, et avec elle, la joie de vivre.

N’oubliez pas les statistiques actuelles: 1 femme sur 8 est susceptible de développer un Cancer du sein.

Mymou.

*** maman est revenue de France avec des Cadeaux.

Mymou De Moha

Passionnée par la mise en beauté du cheveux depuis toute jeune, mon retour au naturel m'a fait découvrir une étendue de choses sur le cheveux crépu naturel que je partage avec vous aujourd'hui.

9 Comments
  1. Merci pour cette semaine de sensibilisation.
    Merci à travers de cette fenêtre ouverte sur ta vie, de nous prouver que nous sommes toutes et tous concernés.
    Ayant déjà perdu une amie à cause de cette maladie, je comprends parfaitement ce combat.
    Ta mère est fière de toi la haut, ton père aussi, j’en suis convaincue.
    Courage courage et courage encore.
    Gros bisous

  2. Ton article m’a fait pleuré… tu as tellement raison! Actuellement j’essaye d’aider une « connaissance » qui est en cours de diagnostic. Je dis connaissance parce qu’elle m’a contacte sur facebook, je ne l’ai jamais vu et ca n’empeche que je me sens tellement mal a sa place, que je ferai tout pour l’aider. Que ta mere continue de reposer en paix, elle a combattu le bon combat et doit etre fiere de tes freres et toi la ou elle est.
    Bisous.

  3. Merci pour ce partage de ton histoire personnelle et ce rappel à l’ordre Mymou. Les statistiques parlent d’elles mêmes 1 femme sur 8. C’est vraiment beaucoup. Et je crois que nous sommes nombreux à pouvoir dire je connais au moins 1 personne qui a eu un cancer du sein. Personnellement, le chiffre s’élève à 5. Des mamans d’amis mais surtout ma cousine, ma grande soeur ma Yaya, diagnostiquée à 37 ans durant sa dernière grossesse. Le pire dans tout ça, c’est que malgré tout ce que je sais, je ne suis toujours pas allée passer de mammographie. Pourquoi ? Parce que je suis comme tout le monde, je ne pense pas que ça puisse m’arriver. Mais en écrivant ça, je prends conscience de mon inconscience. Merci Mymou car cet article m’a permis de rédiger ce commentaire et de réaliser que je dois prendre rdv. J’espère que cet article en sensibilisera d’autres.

  4. Merci Mymou.
    En plus du partage de Nuby LE tien renforce la prise de conscience.
    Je compatis à ta peine. Et j’avoue que ds ma famille les hommes sont plus touchés donc je me rassure ( inconscience totale). Mais ayant passé la barre des 30 ans je vais prendre RDV , JE ne sens rien de spécial mais la confirmation d un professionnel est nécessaire.
    Vos articles et ta vidéo sont TROP émouvants.
    Vous êtes des femmes fortes et courageuses… de vrais battantes. Un seul mot … ou 2 : Continuez -Merci.
    Gloria

  5. Un grand merci Mymou, ton histoire m’a vraiment touchée et fait prendre conscience, qu’il ne fallait pas négliger sa santé et qu’il faut absolument que je prenne rdv aussi.

    Tu es une femme très courageuse Mymou…Je t’admire beaucoup.

    C’était très bien raconté, un grand grand merci vraiment.

  6. Bonjour Mymou !
    Merci pour ce témoignage très émouvant. En effet, il y a un grand travail de sensibilisation à faire dans nos pays africains (nous sommes originaires du Congo Brazza, pas loin du Cameroun ;-), afin que ce mal ne soit plus un tabou, d’autant plus qu’il touche une partie intime de notre personne.
    Nous avons perdu une tata en 1997, juste 2 mois après le diagnostic. Le choc ! Il n’y avait plus rien à faire, les métastases avait déjà envahi son organisme. Nous avons écrit un article pour « Octobre Rose » sur notre blog,(notre petite pierre à l’édifice) en collaboration avec des copines et copains blogueuses afro et métissés, notre manière à nous, de nous mobiliser. Nous t’invitons à venir le lire, dès que tu pourras.
    Encore merci pour se partage, tu es une vraie battante, nous sommes persuadées de là où elle est, ta maman est très fière de toi.
    Des bisous des Sisters, Anna et Véro

  7. Bonjour Mymou !
    Merci pour ce témoignage très émouvant. En effet, il y a un grand travail de sensibilisation à faire dans nos pays africains (nous sommes originaires du Congo Brazza, pas loin de chez toi ;-, afin que ce mal ne soit plus un tabou, d’autant plus qu’il touche une partie intime de notre personne.
    Nous avons perdu une tata en 1997, juste 2 mois après le diagnostic. Le choc ! Il n’y avait plus rien à faire, les métastases avait déjà envahi son organisme. Nous avons écrit un article pour « Octobre Rose » sur notre blog,(notre petite pierre à l’édifice) en collaboration avec des copines et copains blogueuses afro et métissés, notre manière à nous, de nous mobiliser. Nous t’invitons à venir le lire, dès que tu pourras.
    Encore merci pour se partage, tu es une vraie battante, nous sommes persuadées que de là où elle est, ta maman est très fière de toi.
    Des bisous des Sisters, Anna et Véro

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