De la veste brute réservée aux motards à un indispensable.

S’il est une pièce culte qui traverse les années sans prendre une seule ride c’est bien le perfecto. Ce blouson en cuir que nous avons tous rencontré au moins une fois. Avec l’arrivée de l’automne, saison pendant laquelle on ressort volontiers (ou pas) les vestes, j’ai désiré me pencher sur l’histoire de cette veste. Cette pièce qui fait autant rêver que peur, face à laquelle on  n’a pas toujours l’impression d’être à la hauteur.

Selon le dictionnaire, le perfecto est un blouson de cuir noir équipé  d’une fermeture éclair, utilisé à l’origine par les motards. Notez la couleur noire et l’utilisation d’origine. Le modèle d’origine a été crée en 1928 par Schott, une entreprise créée en 1923 par les frères Schott (Irving et Jack), fraîchement immigrés aux Etats unis. La légende dit d’ailleurs que faute de moyens, leurs premiers blousons sont créés dans leur appartement en rez de chaussée new yorkais (lower east side). Le succès aidant, ils s’installent dans le New Jersey.

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Il faut dire que le contexte joue un rôle important. En effet, l’utilisation des deux roues après la première guerre mondiale a tendance à se développer. Les adeptes de moto portent cependant des vestes militaires au col mao, cintrées à la taille et qui arrivent mi cuisse. Par ailleurs, il existe un stock important de cuir tannés réservés à l’armée pour la confection des vestes dédiées aux aviateurs. La maison Harley Davidson commande une veste solide à irving Schott. Ce dernier, recourt donc aux tanneurs qui fournissaient l’armée et dessine une veste qui se ferme à l’aide d’une fermeture éclair  comme celle utilisée par Lee ( fabricant de jeans) et la nomme Perfecto comme ses cigares cubains préférés.

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Sa coupe est assez spécifique: on y retrouve une fermeture croisée décalée devant doublant l’épaisseur de cuir pour protéger le torse, des pressions pour rabattre le col, des poignées zippées (pour éviter les entrées d’air), et une ceinture dans le même cuir que la veste. C’est tout de suite un succès et des marques de cuir commencent à le reprendre.

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La seconde guerre mondiale vient calmer cet engouement. En effet, la veste des aviateurs est la plus plébiscitée. Le perfecto doit son éveil à l’avènement des rockers qui l’adoptent comme uniforme dans les années 50. Ce sont les acteurs Marlon Brando ou encore James Dean qui en font un élément central de la culture populaire.

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Les puristes aujourd’hui encore savent reconnaître les modéles mythiques le 613 one star  est fait en cuir de cheval par exemple, avec des étoiles sur les épaulettes et sans bouton sur les extrémités du col. Modèle dont James Dean ne se sépare jamais. Cependant, symbole des rebelles, il demeure interdit dans de nombreux établissements scolaires américains et britanniques. Le mouvement punk des années 70 le rend à nouveau populaire. Si la veste subit de nombreuses modifications on passe du cuir de cheval au cuir de boeuf pour une version plus sage incarnée par Steve McQueen notamment, la rebellion qui accompagne le mouvement punk fait revenir la version initiale sur le devant de la scène. Le perfecto rentre au panthéon de la mode en 1991 lorsque les super models (Cindy Crawford, Helena Christensen, Linda Evangelista, Claudia Schiffer et Naomi Campbell) le portent en couverture du magazine Vogue.

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Kate Moss mannequin au succès interplanétaire participe à son regain de notoriété dans les années 2000.

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Loin des motards et des rebelles, le perfecto est désormais porté par tout le monde mais il est toujours entouré d’une certaine aura. Elle a inspiré les créateurs et connait de nombreuses déclinaisons. Si bien qu’aujourd’hui il est plus probable de croiser une veste en simili cuir façon « perfecto » ou encore un « perfecto coloré ».

Cdeleen perfecto revisité

 

C.

Au delà des looks et des photos, C. vous invite à partager ses inspirations, ses influences... Sa vision décalée d'un chaos organisé.

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